J'étais loin d'avoir confiance en moi. Ma copine la plus proche étais une fille que j'admirais beaucoup, elle était sportive, elle sortait avec des beau-gosses, elle avait des copines plus âgées, etc. Alors quand elle m'a proposé d'entrer dans son équipe de hand, j'ai dit "ok ouais, se serait cool !". Mes parents insistaient pour que j'ai une activité extrascolaire, alors ça mettait tout le monde d'accord.
Sauf que c'était pas si cool.
C'était mon premier sport co et pour mes parents, c'était pas évident de comprendre que les baskets à scratch et le pantalon trop court ben ça le faisait pas et que l'excuse du déménagement ça passait pas à tous les coups quand on demandait "qui sont les parents accompagnateurs ?".
Du coup, même l'entraineur avait un peu de mal avec moi, mais bon on était que 7, pas de remplaçant, pas le droit de ne pas aller aux matchs et encore moins d'être nulle. En plus de ça, il y avait moi et mon expérience de gymnaste, qui du coup, faisait pas les mêmes pas-chassés que mes copines. Bref, je n’avais pas confiance en moi, et ma propre copine se foutait de moi.
Je marquais très rarement, je ne sais pas pourquoi ça me faisait peur, puis de toutes manières, j'étais ailière droite, alors les occasions manquaient un peu pour briller.
Puis un jour, je dois aller aux sélections avec mon équipe. Les sélections c'est quand toutes les équipes de la région se retrouve pour faire des matchs et au passage être évaluées. On vous mélange avec les garçons et vous ne jouez donc pas avec votre équipe. Déjà ça m'a aidé, je jouais avec des gens qui ne me connaissaient pas et qui ne me détestaient pas.
Donc, match d'ouverture pas super confiante, je fais ce que je peux. Je me place comme il faut, je ne suis pas marquée parce que personne ne me considère comme une menace, mais un grand mec me fait la passe et je marque. Je suis super fière de mois, ça doit être mon 4ème but de l'année à tout casser. L'arbitre sonne la mi-temps, je retrouve mon équipe dans les gradins, ma copine me félicite mais pas seulement ! Des mecs dans mon dos demandent comment je m'appelle, et j'ai l'impression d'être une star (ouais, ça devait être la première fois de ma vie que des mecs s’intéressaient à moi).
Mais l'arbitre nous rappelle, je retourne sur le terrain. Pas trop préparée parce que pas vraiment remise de mes émotions, l'arbitre siffle, je me réveille, un de mes équipiers me fait la passe et là, perdue, je regarde où je suis sur le terrain et par réflexe je me retourne et je tente un but... contre mon camp.
Heureusement je suis nulle et je tape dans la barre transversale. Le goal, qui au passage est dans mon collège, me regarde comme si j'étais complètement demeurée et ma carrière de star s'effondre sous mes yeux.
Devant tous les joueurs du département, devant les sélectionneurs, j'ai tenté de marquer contre mon camp.
Bien sûr, je suis retournée au près de mon équipe dont les filles avaient presque honte de me prêter leur bouteille d'eau et j'ai passé le reste du temps à vouloir mourir plutôt que de jouer. Je suis rentrée en déclarant que je ne voulais plus jamais jouer. Mais mes parents qui ne connaissent rien aux sports co avaient bien décidé que maintenant que j'en faisais un (et qu'ils avaient fini par m’acheter des chaussures de salles), j'allais au moins faire 2 ans.
J'ai vraiment trouvé ça dommage qu’on ne puisse pas mourir de honte ce jour là.
