Mercredi 5 novembre 2008 à 19:43

Je crois que la fois où j'ai eu le plus honte, c'était en 5ème. C'était ma période collège, appareil dentaire et amis pas du tout fiables qui se comptent sur les doigts de la main.

J'étais loin d'avoir confiance en moi. Ma copine la plus proche étais une fille que j'admirais beaucoup, elle était sportive, elle sortait avec des beau-gosses, elle avait des copines plus âgées, etc. Alors quand elle m'a proposé d'entrer dans son équipe de hand, j'ai dit "ok ouais, se serait cool !". Mes parents insistaient pour que j'ai une activité extrascolaire, alors ça mettait tout le monde d'accord.

Sauf que c'était pas si cool.
C'était mon premier sport co et pour mes parents, c'était pas évident de comprendre que les baskets à scratch et le pantalon trop court ben ça le faisait pas et que l'excuse du déménagement ça passait pas à tous les coups quand on demandait "qui sont les parents accompagnateurs ?".
Du coup, même l'entraineur avait un peu de mal avec moi, mais bon on était que 7, pas de remplaçant, pas le droit de ne pas aller aux matchs et encore moins d'être nulle. En plus de ça, il y avait moi et mon expérience de gymnaste, qui du coup, faisait pas les mêmes pas-chassés que mes copines. Bref, je n’avais pas confiance en moi, et ma propre copine se foutait de moi.

Je marquais très rarement, je ne sais pas pourquoi ça me faisait peur, puis de toutes manières, j'étais ailière droite, alors les occasions manquaient un peu pour briller.

Puis un jour, je dois aller aux sélections avec mon équipe. Les sélections c'est quand toutes les équipes de la région se retrouve pour faire des matchs et au passage être évaluées. On vous mélange avec les garçons et vous ne jouez donc pas avec votre équipe. Déjà ça m'a aidé, je jouais avec des gens qui ne me connaissaient pas et qui ne me détestaient pas.

Donc, match d'ouverture pas super confiante,  je fais ce que je peux.  Je me place comme il faut, je ne suis pas marquée parce que personne ne me considère comme une menace, mais un grand mec me fait la passe et je marque. Je suis super fière de mois, ça doit être mon  4ème but de l'année à tout casser. L'arbitre sonne la mi-temps, je retrouve mon équipe dans les gradins, ma copine me félicite mais pas seulement ! Des mecs dans mon dos demandent comment je m'appelle, et j'ai l'impression d'être une star (ouais, ça devait être la première fois de ma vie que des mecs s’intéressaient à moi).

Mais l'arbitre nous rappelle, je retourne sur le terrain. Pas trop préparée parce que pas vraiment remise de mes émotions, l'arbitre siffle, je me réveille, un de mes équipiers me fait la passe et là, perdue, je regarde où je suis sur le terrain et par réflexe je me retourne et je tente un but... contre mon camp.

Heureusement je suis nulle et je tape dans la barre transversale. Le goal, qui au passage est dans mon collège, me regarde comme si j'étais complètement demeurée et ma carrière de star s'effondre sous mes yeux.

Devant tous les joueurs du département, devant les sélectionneurs, j'ai tenté de marquer contre mon camp.

Bien sûr, je suis retournée au près de mon équipe dont les filles avaient presque honte de me prêter leur bouteille d'eau et j'ai passé le reste du temps à vouloir mourir plutôt que de jouer. Je suis rentrée en déclarant que je ne voulais plus jamais jouer. Mais mes parents qui ne connaissent rien aux sports co avaient bien décidé que maintenant que j'en faisais un (et qu'ils avaient fini par m’acheter des chaussures de salles), j'allais au moins faire 2 ans.

J'ai vraiment trouvé ça dommage qu’on ne puisse pas mourir de honte ce jour là.

Publié par rouge

Jeudi 23 août 2007 à 10:19

Venant de :
*******

Envoyé :
02:26:35
14/12/2003

La chose ke javé di ke je te diré ya longtem et ke je t jamais di ct juste ke tu été la seule fille ke jai jamé aimé et la seule avec qui je me sente bien la seule que je ne voudré jamé perdre ... je c pas k je di ca maintenant mé voila c di bonuit je taime

Publié par rouge

Lundi 30 juillet 2007 à 12:07

En réalité, celle ci est à égalité avec le jour où j'ai enfin eu mon permis, mais celle là est plus longue à raconter et je m'ennuies beaucoup au boulot.

Tout d'abord il faut savoir que depuis la 5ème j'ai un problème avec les Maths, j'avais pas la logique, pas la motivation et pas l'envie de faire des exercices 3 soirs par semaine. Je fais partis de ces élèves qui avant n'avaient pas besoin de bosser pour avoir une note potable, alors pourquoi se forcer.
A partir de là, je me suis habituée à avoir des sales notes en Maths, genre entre 8 et 10 mais rarement au dessus. Je passais les cours à discuter avec mes voisins de derrière parce que j'étais toute seule en cours (il faut croire que l'asociabilité ça s'attrape, et ça empire). On apportait des trolls et on leur faisait des coiffures, c'était top !

Un jour le prof m'a dis que j'étais un génie, je ne voyais pas vraiment pourquoi alors il a enchaîné "J'ai jamais vu quelqu'un obtenir un 8/20 à un DS sur le théorème de Pythagore s'en l'utiliser une seule fois".
Le pire c'est que je le connaissais le théorème, j'avais pas compris que le devoir portait dessus, c'est tout. Bref, après y'a eu la 3ème et j'ai quand même essayé d'apprendre un peu pour le Brevet, j'ai bien fais parce que j'ai eu 26/40 et que c'était ma meilleure note.

Après ça s'est aggravé, 2nde difficile, je ne faisais toujours pas mes exercices et je ne comprenais pas la satisfaction de ceux qui allaient écrire leurs résultats au tableau. Moi je priais toujours pour pas être choisi et étant toute seule au fond de la classe, je n'avais pas trop de mal à passer inaperçu.

Ca a duré 2ans, j'ai redoublé ma 1ère ES, et là j'ai retrouvée mes copines (oui j'en avais quand même, mais pas dans ma classe parce que j'ai un peu la poisse). Bref, là coup de bol je me retrouve avec une de mes meilleures copines ! Evidement, je ne bosse pas beaucoup plus mais je m'ennuies moins, je passe mes heures de cours de Maths à discuter et à recopier le tableau. Bien sûr je prend du retard mais j'ai quelqu'un sur qui tout recopier la fois suivante et la fois d'après, et la fois d'après.

Puis arrive la Term ! Et là c'est la cata, forcément, j'ai aucune base, et mes notes depuis 3ans sont plus entre 3 et 8 qu'entre 8 et 10. Pendant tout le début de l'année, je me bats malgré moi avec un type de ma classe pour la dernière place. Il est assis devant moi et à chaque fois qu'on a des retours de devoir il se retourne pour savoir qui a gagné. J'espérais toujours qu'il gagne mais malheureusement c'était pas toujours le cas. Je n'étais pas blasée devant ma copie, mais toujours horrifiée, je faisais mon maximum mais ça ne suffisait pas.

Finalement, mes parents se sont inquiétés, il y avait le Bac et tout, j'avais déjà redoublé une fois et je venais de rapporter un 2.75/20. En plus, je voulais vraiment pas passer 1 année de plus dans ce lycée de con (et oui, ça date pas d'aujourd'hui non plus les "tous des cons sauf moi, et mes amis, et ma famille et truc et machin aussi...").

Donc, nous prenons des mesures draconiennes : A partir de Mars 2005, j'ai pris des cours particuliers de Maths  pendant 2h tous les samedis. Comme ma prof habitait pas la porte à côté, j'y allais une semaine sur 2 et sinon c'était elle. C'était une collègue de mon père qui bossait au CFA et elle était dur mais très douée ! On a eu des moments difficiles, surtout au début parce que plus elle essayait de voir où j'en étais plus je me disais que j'étais foutu et que je n'y arriverai jamais.

Avec elle, je faisais mes exercices, pas le choix c'était 20€ l'heure, soit 40€/semaine, et finalement, j'ai progressé. Le dernier devoir de l'année me paru beaucoup moins difficile que les précédents. J'ai eu 14.5 ! Je n'en revenais pas et la prof non plus, tous le monde m'a regardé quand elle m'a tendu le devoir en me félicitant et quand j'ai dis ma note à tous ceux qui voulaient bien me la demander, je les ai vu ouvrir de grand yeux comme si je leur avait menti sur mes capacités depuis le début. Le dernier de la classe devenu tout seul, m'a presque engueulé.

Moi je m'en fichais, j'avais vaincu la "logique Maths" et j'avais l'impression de détenir un grand pouvoir et un bouclier surpuissant. Ce bouclier entre les mains (mon DS), j'ai rapporté la nouvelle à la maison. Mes félicitations étaient à la hauteur de mes attentes et depuis mon bouclier à perdu de sa puissante mais n'est jamais parti à la poubelle.

Epilogue:
Au Bac j'ai eu 16, il parait qu'il était facile. La victoire était belle mais y'avait moins l'effet de surprise. C'est bien sûr la meilleure note que j'ai eu, et sans elle, le Bac me serait passé sous le nez et je ne viendrais pas d'être diplômée.

J'ai compris que rien n'est impossible, il suffit de s'y consacrer et de bosser et bosser encore.

Publié par rouge

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